D’abord félicitations pour tes
2'165 voix (j’ose le «tu» puisque tu es de 75). J’imagine que la fête fut belle
à la Vogéaz et que tu n’es pas fâché de mettre un terme (provisoire) à tes
distributions de petits pains, de roses et de sourires accrocheurs.
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Vincent Jacques |
Tu peux enfin souffler… avant de te
remettre au boulot, car on viendra vite te titiller sur la question du
logement, des transports, et peut-être même, qui sait, de ces multinationales aux
mains dégueulasses qui prospèrent dans ta ville.
Pour ma part, je voulais te
parler d’un sujet anodin : le sauve-qui-peut des 20-30 ans, la diaspora de ces
jeunes qui n’ont pas pu voter pour toi puisqu’ils habitent désormais Lausanne
ou Genève.
Je suis un Morgien - par mes
écoles, mon gymnase, ma famille – et reste un Morgien, même si je fais partie
de ceux qui ont fui La Coquette à l’âge de 20 ans pour s’établir dans une ville,
disons, un peu plus rock’n’roll, un lieu qui offre à ses jeunes d’autres activités
nocturnes qu’écluser des pintes dans un pub sordide avant d’aller fumer des
joints sur le débarcadère de la CGN.
Les rues de Morges sont certes animées,
pleines de parents, d’enfants et de personnes âgées, une population joviale,
colorée… mais à laquelle… ne manquerait-il pas cruellement toute une tranche
d’âge ?
Pour éviter que «ma» ville prenne
des airs de centre d’élevage ou de mouroir doré, je me permets de glisser ici quelques
mots que tu sauras lire avec l’ouverture d’esprit qui te caractérise.
J’espère de tout cœur que tu te battras
pour rendre cette ville vivable, vivante et vivifiante. Qu’elle troque au plus
vite ses cabinets psychiatriques contre des terrasses où socialiser jour et
nuit. Qu’elle échange son cabaret contre une salle de concert pour les groupes du
coin. Ses glaciales grandes surfaces contre de petits commerces à qui l’on donnerait
les moyens de survivre. Ses quais de béton dépressifs contre quelque chose de
plus… imprévisible ? Et que les jeunes puissent bientôt trouver à Morges un
studio ou un appartement de collocation abordable.
J’espère aussi que tu continueras
à soutenir les véritables acteurs culturels : les Trois p’tits Tours, l’Odéon, la
Syncope, pour ne citer qu’eux, et les sociétés locales !
J’espère que tu brusqueras le dossier
du contournement tant attendu de l’autoroute (il m’arrive d’imaginer le
potentiel créatif, économique, sportif et culturel qu’autoriserait, avec un
brin de folie, ce «no man’s land» de trois kilomètres sur 50 mètres, en plein
centre-ville !).
Bref, j’espère que tu n’auras pas
peur d’investir, de déranger, prendre des risques et parier sur l’avenir !
(publié dans le Journal de Morges le 28.9.2012)
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